¡ Coca Loca !
En attendant son dealer
De rien elle prétend avoir l’air
Bien entendu on ne voit qu’elle
Dans son tailleur qui dit zut
Aussi maigre qu’un demi-clou
À un cauchemar pareille
Peinturlurée, hirsute
Elle serre d’une main son cou
Ronge à pleines dents son pouce
Portable collé à l’oreille
Regardant la porte en douce
Elle hurle dans l’appareil
S’excuse à la cantonade
Recommence à faire semblant
Qu’elle aurait tout le temps
Tripote à son cou la croix
Qui se tord entre ses doigts
Tapote la table en canonnade
Hurle, se contrôle, se prend à gémir
Fume et tousse à n’en plus finir
Lit et relit la carte
À l’endroit, à l’envers
Sur la tranche, par le travers
Se décide pour une tarte
Commande à boire
Change d’avis
Sursaute d’un espoir
Retombe en apathie
Sous ses yeux les valoches
Tournent du brun au violacé
Un casqué lui fout la pétoche
Couverte de sueur, le front glacé
Elle frissonne, se bouffe les dents
Pousse des soupirs stridents
Son verre se brise dans sa main
Profonde est la coupure
Mais presque pas de sang
Véhémente elle refuse les soins
Et se signe contre le mauvais augure
Conjurant toutes ses peurs
Coca Loca
¡ Coca Loca !
Mon alter ego, ma sœur
 
 
TYPP PomHebdo #244 23 octobre 2005 46°30' 43''N 6° 36' 8''E